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l’Hindouisme

« L’hindouisme est la religion de l’ensemble des gens vivant à l’intérieur des castes ». Cette définition   de l’anthropologue Louis Dumont a le mérite de nous faire comprendre que l’hindouisme est fondamentalement lié à un système qui structure profondément l’organisation sociale. Bien qu’ elle ne nous donne aucune indication sur les fondements de cette religion.

Nous voudrions, en présentant trois notions fondamentales de cette religion faire comprendre, ou sentir, comme le monde hindouiste est étranger à notre culture greco-judeo-chrétienne.

Histoire

Tel que nous le connaissons  l’hindouisme est né de la religion des tribus aryas, le védisme, s’est formalisé dans une période brahmaniste.  L’hindouisme connu le « schisme » bouddhique, et a résisté à la conquête musulmane.

Au IIe millénaire avant notre ère l’Inde est occupée par une population dite « dravidienne ». Les généticiens la classent dans les caucasiens dont la peau très sombre serait une adaptation au climat.

A cette époque les tribus aryas quittent les steppes au bord de la Mer Noire pour aller, certaines vers l’Europe et d’autres vers la plaine du Gange. C’est ici où elles détruisent une civilisation brillante, les dravidiens. On retrouve les traces des dravidiens dans des sites archéologiques dont le plus connu est Mohenjodharo . Cette civilisation est alors refoulée vers le Sud.

Ces Aryas amènent avec eux leur religion, le védisme.

Les croyances des aryas  se transmettent oralement jusqu’à l’invention de l’écriture. Puis elles sont transcrites en langue sanscrite, entre 1500 et 600 av. J.-C. dans des recueils appelés Veda.

Le plus ancien des Veda est le Rig Veda qui est un recueil des formules sacrificielles que l’officiant doit réciter dans le sacrifice. En fait il constitue une liturgie dont le rôle est d’insérer le monde humain dans la majesté souveraine de l’ordre cosmique, le rita.

Le Brahmanisme

On nomme brahmanisme la période entre 1000 et 500 av. J.C. qui voit le védisme se formaliser dans de multiples traités codifiant les rites : brâhmanas, âranyakas, upanisads….

C’est aussi durant cette période que l’organisation sociale se fige dans l’institution des castes.

C’est au Ve siècle av. J.C. le brahmanisme connait le schisme du bouddhisme et entre dans la période hindouiste dans laquelle se forme la religion qui est vécue actuellement en Inde et au Népal.

Trois notions sont fondamentales pour comprendre le monde de l’hindouisme :

Le dharma

Le karma

Le samsara

 

Le dharma

Le dharma est l’Univers ordonné.

L’homme fait partie de l’univers, il y a sa place au même titre que tous les autres éléments. Il est de même nature que ces éléments et son rôle est le même que celui de tous les autres éléments, il est de rester à sa place, comme une planète reste sur son orbite.

Agir selon le dharma est, pour un individu, se conformer à ce qui est sa place, aussi bien dans la société que dans l’univers.

L’homme a des droits et des devoirs qui sont strictement ceux de sa caste et on a dit que «l’homme est dans sa caste comme l’animal est dans son espèce », il ne peut en sortir.

La base du système de caste, varna, est la notion de pureté. Les dvigas sont les purs, les deux fois nés, ceux qui sont aptes aux sacrifices. Les sacrifices ne sont pas un moyen de s’attirer les faveurs de la divinité mais la mise de l’homme dans l’ordre cosmique, le dharma. Les sûdras sont les impurs, les exclus du sacrifice, les interdits d’étude des vedas.

Les dvigas sont divisés en trois ordres :

les brahmanes, les prêtres

les ksatriyas, les guerriers, le roi

les vaisya, les artisans, les commerçants

Le karma

Le karma est l’effet cumulé des actes de la vie d’un homme.

C’est par l’effet cumulé de ses actes qu’un homme renaît dans une caste déterminée. Il est donc dans sa caste et dans la société à sa juste place, là où il doit être selon le dharma.

Le samsara

Samsara est la chaîne des renaissances.

L’homme nait dans une caste en fonction de son karma. C’est-à-dire en fonction de ses actions au cours de sa vie passée. Il est donc toujours dans sa caste à sa juste place.

« L’espérance de salut individuel passe par la conformité à l’ordre social »

  1. Herrenschmidt.

 

 L’hindouisme est-il un monothéisme ?

A côté des trois divinités que sont Shiva, Vishnu et Brahma il existe une multitude de formes de  divinités et de forces agissantes, angéliques ou démoniaques,devas, asurar, raksharas, etc.

Mais dit le Rig-veda « on l’appelle Indra, Mitra, Varuna, Agni… Les sages appellent l’Unique Existant de beaucoup de nom ». (R.-v,I,164,46)

Ou comme l’a écrit A.M. Cocagnac : « de même que la lumière blanche se révèle, par le jeu du cristal, de multiples couleurs, de même les dieux de l’Inde forment le spectre de la Réalité Suprême »

Ganesh, le dieu à tête d’éléphant, fils de Shiva, divinité la plus populaire du panthéon indien, est-il vénéré comme une divinité par la foule de ses adorateurs ou comme un aspect de la Réalité Suprême ?

Pour en savoir plus sur cette religion et, en particulier, appréhender en quoi cette religion s’accorde avec les notions les plus récentes de la science il existe de multiples ouvrages. Parmi ceux-ci Les clefs de l’Himalaya de Jean Denis.

Pour une étude sur les raffinements du système des castes au Népal lire Le Népal. Une introduction à la connaissance du monde népalais de Marc Gaborieau, ed Kailash.