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Yarsagumba – La larve et son champignon Himalayen

L’Ophiocordyceps sinensis en latin.

Le Yarsagompa a été surnommé le Viagra de l’Himalaya. Son nom tibétain Yarsagompa signifie « ver d’hiver-herbe d’été ». Le yarsagumba au Nepal  est appelé « jiivanbuti ».

C’est un champignon qui se développe sur les larves de certains papillons de nuit, très apprécié pour ses propriétés médicinales, aphrodisiaques. On le trouve dans les hautes terres de l’Himalaya et dont la cueillette très rémunératrice donne lieu à un grand déplacement de personnes en montagne.

Histoire du Yarsagumba

La première trace écrite du Yarsagumpa date de 620 de notre ère (dynastie Tang). Il est fait mention d’une créature merveilleuse qui se change d’insecte en plante.

C’est au XIVe siècle qu’un médecin tibétain mentionne les qualités aphrodisiaques du Yarsagumpa.

C’est en 1993 quand fut révélé que le succès des marathoniens chinois étaient dus à l’usage du Yarsagumpa, qu’explosa la renommée du produit.

Le Yarsagumpa au Népal

Au Népal on trouve le Yarsagumpa dans les prairies entre 3500 et 5000 mètres d’altitude.

C’est avant les années 50 que la réputation du Yarsagumpa est passée du Tibet au Népal par des échanges entre tribus frontalières et par l’arrivée des Tibétains fuyant l’invasion chinoise.

Je suis venu à Kathmandu quand j’avais 14 ans et j’ai vu une femme Dolpo vendre du yarsagumpa dans ses mouchoirs à Asan. Comme j’étais enfant à cette époque, je ne me souciais pas du Yarsagumpa. Ce n’est que plus tard , en 2042 (1986), quand je suis tombé vraiment malade, que j’ai compris l’importance de l’herbe. Ce que les cliniques et les hôpitaux ne pouvaient pas faire pour me soigner, un Amchi tibétain de Burang (Tibet) pu le  faire avec le yarsa »ChakkaBahadur Lama, habitant de Humla.

Le yarsa est utilisé pour soigner l’anémie, les infections pulmonaires, la tuberculose, l’hépatite B et les maladies rénales et hépatiques.

Lama raconte qu’il a vendu 20 kg de Yarsa en 1988, 30 kg l’année suivante.

PurmaBudha, qui se revendique comme premier négociant de yarsa, négocie 120 kg de yarsa en 1989.

Mais en 1991 la récolte du yarsa est interdite au Népal par la loi sur les forêts sous peine d’une amende de Rs 500 par pièce.

Le Yarsagumba et les maoïstes

Au cours de la rébellion maoïste (1996-2006) le yarsa fut une source de revenu pour les maoïstes. A la signature de paix avec le mouvement maoïste le gouvernement sans aucun souci autre que de collecter des taxes,ni  de gestion durable, laisse s’installer la violence dans les hauts pâturages. Violences entre les récolteurs et violences de la police.

En 2001 une révision de la législation autorise la collecte du yarsa.

« Beaucoup de gens ont laissés les terres agricoles non cultivées. Nous sommes actuellement en déficit céréalier, alors qu’à notre époque , nous avions un excédent céréalier. Nous avions l’habitude de vendre des céréales , mais maintenant nous les achetons »ChakkaBahadur Lama

En 2007 le Népal ratifie la Convention 169 du Bureau International du Travail qui donne la priorité aux peuples indigènes pour l’exploitation des ressources locales.

La collecte du Yarsagumpa n’a rien d’une partie de plaisir : plusieurs semaines en haute altitude, logé dans des tentes de fortune. Chaque année des accidents causent la mort de plusieurs personnes . Morts par chutes de falaises, maladies pulmonaires, rixes…

En juin un journaliste de Kantipur est allé à la rencontre des cueilleurs de Yarsagumpa qui redescendaient des hautes terres après la récolte.

« Le Yarsagumpa pourrait disparaître un jour s’il n’y a pas de règlementation sur la quantité de collecte effectuée chaque année »

« Les autorités se concentrent uniquement sur la collecte des taxes et ne se soucient pas de l’impact de la surexploitation dans les hautes terres »

Bisan Singh Budhathoki de la municipalité rurale d’Api Himal a gagné environ RS 150.000 (1.100€). Avec la vente de Yarsagumpa l’année dernière. Cette année ses revenus de la collecte de Yarsagumpa n’ont même pas dépassé RS 50.000.(400€).