Trek au Népal pendant la mousson : Voici ce qui compte vraiment
- La mousson au Népal ne frappe pas tout le pays de la même façon. Les régions en zone d’ombre pluviométrique comme le Haut-Mustang et le Haut-Dolpo restent sèches et se visitent idéalement de juin à septembre.
- Les itinéraires populaires, le camp de base de l’Everest, le circuit de l’Annapurna et la vallée du Langtang, restent ouverts et praticables mais offrent moins de vues sur les sommets.
- La météo suit un rythme quotidien : matins dégagés, pluie l’après-midi. Partir tôt permet largement de l’éviter.
- Les lodges restent ouverts. Les sentiers restent praticables. Les foules disparaissent. Les prix baissent.
- Les sangsues sont présentes en dessous de 2 500 m mais restent gérables avec un équipement de base.
- Si vous voulez des panoramas sur les sommets, évitez la mousson. Si vous voulez les sentiers pour vous seul avec des paysages verdoyants et des prix plus bas, la mousson a de vrais arguments.
Le discours habituel sur le trekking pendant la mousson au Népal ressemble à ceci : évitez juin à septembre, réservez au printemps ou en automne, et attendez les ciels clairs que tout le monde attend en même temps que vous. Ce conseil n’est pas faux pour les itinéraires auxquels il s’applique. Il est incomplet pour les itinéraires qu’il omet.
La mousson au Népal est un phénomène météorologique précis, pas un rideau uniforme de mauvais temps sur tout le pays. Comprendre où elle frappe le plus fort et où elle n’arrive pas change considérablement le calcul pour les trekkeurs disposant d’un planning souple ou d’une préférence pour des sentiers non partagés avec un millier d’autres personnes.
Démystifier les grands mythes sur la mousson
Le mythe dominant est que le Népal est tout simplement fermé au trekking pendant la mousson. C’est exagéré pour les itinéraires populaires et complètement à côté de la plaque pour les itinéraires en zone d’ombre pluviométrique.
Mythe 1 : Le Népal est fermé au trekking pendant la mousson
La mousson arrive du golfe du Bengale et remonte vers le nord-ouest à travers le sous-continent. Elle sature les versants sud de l’Himalaya, les collines intermédiaires et les grandes vallées fluviales descendant vers le sud depuis les hautes chaînes. Elle ne franchit pas la barrière himalayenne principale avec la même intensité. Les régions situées au nord de la chaîne principale, le Haut-Mustang, le Haut-Dolpo et les hautes vallées de la zone du plateau tibétain, se trouvent dans une zone d’ombre pluviométrique que les nuages de mousson n’atteignent pas de manière significative. Ces zones reçoivent moins de 200 millimètres de pluie par an quelle que soit la saison.
Mythe 2 : Les sentiers de mousson sont impraticables
Les principaux couloirs de trekking sur le circuit de l’Annapurna, l’itinéraire du camp de base de l’Everest et la vallée du Langtang disposent de sections pavées, d’un drainage établi et d’une infrastructure continue de lodges. Ils deviennent humides et parfois boueux. Ils ne se transforment pas en rivières. Un trekkeur équipé de chaussures et d’un imperméable adaptés couvre le même terrain en juin qu’en octobre, plus lentement sur certaines sections et avec moins de vues panoramiques, mais le sentier est là et fonctionnel.
Mythe 3 : Les sangsues rendent le trekking de mousson insupportable
Les sangsues existent sur les sections forestières de basse altitude pendant la mousson. Elles sont une gêne, pas un danger pour la santé. Une paire de guêtres et du sel ou un briquet suffit à les gérer. Les trekkeurs qui trouvent les sangsues vraiment insupportables ont une raison légitime d’éviter les itinéraires forestiers de basse altitude entre juin et septembre. Tout le monde else gère un désagrément, pas un risque.
À quoi ressemble vraiment la mousson sur le sentier
La mousson au Népal n’est pas de la pluie continue. Elle suit un cycle journalier sur la majeure partie de la saison de trekking :
- Matins : conditions dégagées
- Milieu de journée : les nuages commencent à se former
- Après-midi et soirée : la pluie arrive
- Le lendemain matin : les conditions reviennent souvent à un niveau raisonnable
Un trekkeur qui part à 5h du matin et couvre sa distance journalière avant midi vit une expérience complètement différente de celui qui démarre à 9h et marche dans l’averse de l’après-midi.
Le paysage luxuriant que la mousson produit est le pendant visuel de la pluie qui le crée. Les sentiers entre juin et septembre traversent un Népal que les trekkeurs d’automne et de printemps ne verront jamais.
- Les forêts de rhododendrons qui étaient nues en avril sont denses et verdoyantes.
- Des cascades apparaissent sur chaque versant.
- Les terrasses sont plantées et en pleine croissance.
- L’odeur de la terre mouillée et de la végétation en altitude est propre à cette saison et ne peut pas être retrouvée pendant les mois secs.
Que cela soit perçu comme un avantage ou une consolation dépend de chacun.
Les lodges sur les grands itinéraires restent ouverts pendant la mousson. L’infrastructure des tea houses sur le sentier du camp de base de l’Everest, le circuit de l’Annapurna et la vallée du Langtang ne ferme pas en juin. Le taux d’occupation chute sensiblement, ce qui signifie une meilleure disponibilité des chambres, un service plus attentionné de la part des propriétaires de lodges qui sont sincèrement heureux de vous voir, et une atmosphère sur le sentier aussi proche de la solitude que ces itinéraires peuvent jamais l’offrir.
Les vues sur les sommets sont la vraie perte. La couverture nuageuse pendant la mousson limite les panoramas en haute altitude qui définissent l’expérience visuelle des grands itinéraires. Certains matins sont dégagés et les vues apparaissent sans prévenir. La plupart du temps, non.
Un trekkeur dont l’objectif premier est une vue dégagée sur l’Everest depuis le Kala Patthar ne devrait pas partir en août.
Un trekkeur dont les objectifs incluent l’expérience du sentier, les lodges, la culture et le paysage à une fraction de la foule de haute saison a de bonnes raisons d’envisager la mousson.
Les itinéraires en zone d’ombre pluviométrique : là où le trekking de mousson est vraiment meilleur
Le Haut-Mustang est le cas le plus évident. La cité médiévale fortifiée de Lo Manthang, les monastères bouddhistes tibétains, les habitations troglodytiques de Chhoser et le paysage de haute désert de l’ombre pluviométrique du Kali Gandaki offrent pendant la mousson des conditions qui sont à certains égards supérieures à celles de l’automne et du printemps. Les foules qui se forment sur les itinéraires himalayens en haute saison n’atteignent pas le Haut-Mustang à n’importe quelle période de l’année en raison du système de permis de zone restreinte, et pendant la mousson elles sont encore plus rares.
Les vents qui rendent la vallée du Kali Gandaki physiquement éprouvante en d’autres saisons se modèrent pendant les mois de mousson. Le vent de l’après-midi qui chasse les trekkeurs expérimentés du fond de la vallée avant midi en avril est moins régulier en juillet et en août. Le paysage, aride et ocre, ne change pas de caractère selon les saisons comme le font les vallées forestières en contrebas.
Le Haut-Dolpo offre des conditions similaires pour les trekkeurs ayant l’expérience et la logistique nécessaires pour l’atteindre. Le permis de zone restreinte et l’éloignement de la région impliquent une planification plus poussée et un budget plus élevé que pour les itinéraires standards, mais la mousson est la saison optimale pour le visiter plutôt qu’une période à éviter.
Sangsues, lodges et paysages verdoyants
Les sangsues peuplent les sections forestières en dessous d’environ 2 500 mètres pendant la mousson. Elles se concentrent davantage dans les portions humides et ombragées des sentiers à travers une végétation dense. Sur des itinéraires comme l’approche inférieure du circuit de l’Annapurna, les sections forestières de la vallée du Langtang en dessous du Lama Hotel et la région basse de l’Everest en dessous de Namche Bazaar, les sangsues nécessitent une gestion active. Rentrez le pantalon dans les chaussettes, portez des guêtres, vérifiez régulièrement et retirez-les avec du sel ou un briquet sans les écraser. Le temps consacré à gérer les sangsues lors d’une journée de trekking de mousson typique se compte en minutes.
Les conditions des lodges pendant la mousson varient davantage qu’en haute saison parce que le taux d’occupation est plus bas et que certains propriétaires réduisent leur personnel. L’infrastructure est présente et fonctionnelle. Les douches chaudes, le dal bhat et les lits sont disponibles. L’ambiance de la salle à manger d’un lodge avec quarante trekkeurs en octobre est remplacée par quelque chose de plus calme et de plus personnel. Pour les trekkeurs qui trouvent les tea houses de haute saison écrasantes, c’est une amélioration plutôt qu’un recul.
L’avantage paysager est réel et concret. Le Népal pendant la mousson est vert d’une façon que les photographies ne peuvent pas pleinement capturer. Les basses vallées, les terres agricoles en terrasses, les crêtes forestières et les cours d’eau coulant à plein débit produisent un registre visuel que les mois secs, malgré leurs ciels dégagés et leurs vues sur les sommets, n’égalent pas. Que l’échange entre vues sur les sommets et intensité du paysage soit valable est une question de préférence plutôt qu’un classement objectif.
Les avantages pratiques du trekking de mousson sont concrets. La disponibilité des permis sur les itinéraires restreints est plus élevée. La disponibilité des lodges sur les itinéraires ouverts est sans restriction. Le trafic sur les sentiers est une fraction de la haute saison. Les coûts des vols et de l’hébergement à Katmandou et à Pokhara sont plus bas. Ce ne sont pas des facteurs négligeables pour les trekkeurs dont les plannings nécessitent de la flexibilité ou dont les budgets répondent aux tarifs saisonniers.